La campagne pour désigner le candidat du Parti républicain (PR) à la Maison Blanche bat son plein aux Etats-Unis. Ils ne sont plus que quatre en lice : Mitt Romney, le grand favori, Newt Gingrich, son principal rival, le libertarien Ron Paul et l’ultra-conservateur Rick Santorum. Si ces deux derniers se retiraient avant la convention du PR, qui se tiendra en août à Tampa (Floride), les chances de Newt Gingrich augmenteraient. En effet, Ron Paul et Rick Santorum sont situés à l’extrême-droite du PR tandis que Mitt Romney est considéré comme un modéré, Newt Gingrich occupant une position intermédiaire.
Mitt Romney a remporté plus de succès que ses rivaux dans les primaires et caucus déjà organisés et a collecté beaucoup plus de fonds (trois fois plus que Newt Gingrich). Dans ce pays où les différences idéologiques sont maigres, les médias jouent un rôle décisif et le candidat disposant du plus gros budget de campagne possède un avantage généralement déterminant. Or, l’arrêt « Citizens United » sur le financement électoral, rendu en 2010 par la Cour Suprême, a complètement changé la donne. Au nom de la liberté d’expression, il autorise la collecte illimitée de donations de particuliers ou d’entreprises par des « super comités d’action politiques ». Ces super PACs sont soumis à une seule obligation légale, difficile à faire appliquer, ne pas coordonner leurs activités (essentiellement des spots publicitaires sur les chaînes télévisées) avec les candidats qu’ils financent. Ces spots vantent rarement les mérites d’un candidat : il s’agit généralement de publicités négatives qui dénigrent, parfois avec virulence, l’un des candidats adverses.
Ainsi, le premier pays du monde à s’être doté d’une Constitution démocratique donne un surprenant spectacle avec ces élections présidentielles, où tous les coups sont permis et où l’argent coule à flots. Mitt Romney a pris tant d’avance et dispose de tellement de moyens financiers que sa victoire est désormais quasiment assurée. Il n’en reste pas moins que c’est un piètre orateur, qui multiplie les bourdes. La guerre des spots, qui ne l’épargne pas, laissera des traces. Barack Obama n’a guère de souci à se faire : avec un tel adversaire, sa réélection est très probable.
Claude Thimonier